Bonjour Jérôme,
Toutes mes félicitations, et tous mes remerciements pour votre nouveau Roman.
On y retrouve tous les thèmes Attaliens qui vivent dans l’actualité de votre Journal : les rencontres rarement à la hauteur, le monde de l’incompréhension qui prédomine, le refuge des relations amoureuses, l’acte artistique qui peine en résonances, « l’imagination trop con » et l’impossibilité d’inscrire sa volonté comme un acte décisif.
De très belles choses donc, comme cette définition de l’artiste avec Nicolas de Staël qui cherche inexorablement à trouver des solutions pour, comme vous, « fixer quelque chose ». Ou ce passage qui exprime me semble-t-il ce que vous dites parfois, qu’il n’y a plus de cathédrale à construire : « Les buts ont été atteints sans joie, le désintéressement n’est plus de saison, et l’amertume des temps a uni de ses mains blanches la cause et le désarroi. » Situation qui laisse place aux fanatismes : le votre sera fanatisme amoureux.
Basile aussi, qui prend des postures Dostoïevskienne, lorsqu’il ne ralentit pas sa marche dans les rues, par delà les urgences, en se tenant fermement à l‘idée d’Anika.
Je pense que Basile pourra devenir un de ces grands héros de roman auxquels on pense, qu’il va se construire petit à petit pour vous et en vous. Il va renaître dans la vie éternelle de l’écrit, poursuivre avec l’écho de votre vie son aventure. Il va peut être vous voler toute votre moelle héroïque, et il va falloir que vous consentiez à vivre dans la vraie vie avec ce qu’il vous laissera. N'en soyez pas désarmé.
Je vous souhaite encore et toujours bon courage,
David B.
jeudi 11 décembre 2008
Lettre de Francisca M. octobre 08
Bonsoir Jérôme,
J’espère que tu vas bien, cela faisait si longtemps que je voulais t’écrire mais je n’en avais pas trop le courage car pour moi aussi ces jours derniers ont été sources de nombreuses déceptions…Enfin bref, je crois bien que " j’ai eu l’hiver en moi " mais heureusement ton livre est arrivé comme un miracle au milieu de la réalité désespérante. Oui, ton roman a été pour moi un des rares endroits ces derniers temps où j’ai pu trouver refuge et aussi courage , grâce à tes mots toujours sincères et fiables et auxquels on s’attache si facilement. Alors merci, " Le garçon " est merveilleux de sincérité, de sensibilité, d’émotions et débordant d’espoir contrairement à ce que l’on pourrait croire. J’ai été vraiment fascinée par Basile, émue et touchée, je le trouve héroïque, différent de Thomas c’est vrai mais tellement formidable, pour moi il restera un vrai héros…Donc voilà, je suis entièrement conquise, mais ça je suis sûre que tu t’en doutais ! J’ai adoré son intervention au club, un acte fabuleux, sûrement l’un des plus beaux , d’ailleurs je pense (non, en fait je suis sûre) que chaque fille rêverait d’un Basile capable de tels actes pour elle…. Tu sais, je suis à chaque fois tellement frappée par la correspondance que je retrouve en te lisant, c’est incroyable, et puis c’est tellement rare de retrouver un tel sentiment , aussi fort , avec d’autres auteurs, de se retrouver dans leurs récits ou tout simplement de si trouver bien… et puis certaines de tes phrases sont déjà devenues culte (si, je t’assure c’est vrai ! ) comme " avoir l’imagination trop con " , un de mes pires défauts ;) Et puis il y a plein de passages que j’ai envie de relire sans cesse, comme " le seul souvenir qui tienne la route ", parce que je le trouve bouleversant et j’ai beau le lire et le relire il me bouleverse toujours autant …il est d’une force incroyable, d’une beauté et d’un vérité renversante. Alors je crois vraiment que c’est le passage que je préfère…Merci à toi Jérôme, de rester fidèle, de ne jamais trahir tes lecteurs …Oui, je crois que définitivement c’est ce qui nous manque à tous aujourd’hui, des repères , des " point fixes " comme dirait Modiano, de la sincérité, de la fiabilité, de la stabilité en somme.
Alors merci à toi Jérôme de toujours tenir tes promesses , de ne jamais décevoir la petite lectrice que je suis. En te lisant, je sens que tout un tas de choses est encore possible et comme le dit si bien Simon lors de sa rencontre avec Basile " …Si c’est réellement la fin de tout, le début de la confusion, de la moquerie, des ricanements ou de la barbarie, eh bien il va falloir que les gens comme nous (toi) restent ici… ".
Merci Jérôme, et je te souhaite le plus grand succès possible avec ce " Garçon qui dessinait des soleils noirs " mais aussi dans tous tes projets à venir ,
Francisca
ps: je n'ai rien dit à propos des deux nouvelles, mais elles sont toutes les deux magnifiques, bon j'ai un énorme faible pour "la nuit verte" j'avoue!
J’espère que tu vas bien, cela faisait si longtemps que je voulais t’écrire mais je n’en avais pas trop le courage car pour moi aussi ces jours derniers ont été sources de nombreuses déceptions…Enfin bref, je crois bien que " j’ai eu l’hiver en moi " mais heureusement ton livre est arrivé comme un miracle au milieu de la réalité désespérante. Oui, ton roman a été pour moi un des rares endroits ces derniers temps où j’ai pu trouver refuge et aussi courage , grâce à tes mots toujours sincères et fiables et auxquels on s’attache si facilement. Alors merci, " Le garçon " est merveilleux de sincérité, de sensibilité, d’émotions et débordant d’espoir contrairement à ce que l’on pourrait croire. J’ai été vraiment fascinée par Basile, émue et touchée, je le trouve héroïque, différent de Thomas c’est vrai mais tellement formidable, pour moi il restera un vrai héros…Donc voilà, je suis entièrement conquise, mais ça je suis sûre que tu t’en doutais ! J’ai adoré son intervention au club, un acte fabuleux, sûrement l’un des plus beaux , d’ailleurs je pense (non, en fait je suis sûre) que chaque fille rêverait d’un Basile capable de tels actes pour elle…. Tu sais, je suis à chaque fois tellement frappée par la correspondance que je retrouve en te lisant, c’est incroyable, et puis c’est tellement rare de retrouver un tel sentiment , aussi fort , avec d’autres auteurs, de se retrouver dans leurs récits ou tout simplement de si trouver bien… et puis certaines de tes phrases sont déjà devenues culte (si, je t’assure c’est vrai ! ) comme " avoir l’imagination trop con " , un de mes pires défauts ;) Et puis il y a plein de passages que j’ai envie de relire sans cesse, comme " le seul souvenir qui tienne la route ", parce que je le trouve bouleversant et j’ai beau le lire et le relire il me bouleverse toujours autant …il est d’une force incroyable, d’une beauté et d’un vérité renversante. Alors je crois vraiment que c’est le passage que je préfère…Merci à toi Jérôme, de rester fidèle, de ne jamais trahir tes lecteurs …Oui, je crois que définitivement c’est ce qui nous manque à tous aujourd’hui, des repères , des " point fixes " comme dirait Modiano, de la sincérité, de la fiabilité, de la stabilité en somme.
Alors merci à toi Jérôme de toujours tenir tes promesses , de ne jamais décevoir la petite lectrice que je suis. En te lisant, je sens que tout un tas de choses est encore possible et comme le dit si bien Simon lors de sa rencontre avec Basile " …Si c’est réellement la fin de tout, le début de la confusion, de la moquerie, des ricanements ou de la barbarie, eh bien il va falloir que les gens comme nous (toi) restent ici… ".
Merci Jérôme, et je te souhaite le plus grand succès possible avec ce " Garçon qui dessinait des soleils noirs " mais aussi dans tous tes projets à venir ,
Francisca
ps: je n'ai rien dit à propos des deux nouvelles, mais elles sont toutes les deux magnifiques, bon j'ai un énorme faible pour "la nuit verte" j'avoue!
Lettre du 02.10.08 de Marie-Sophie K.
Cher Jérôme,
c'est drôle, il y a un an jour pour jour je t'écrivais un mail pour te dire combien l'Amoureux en lambeaux m'avait touchée. Aujourd'hui, je t'écris à propos de ce Garçon qui dessinait des soleils noirs. Je l'ai lu très vite, dans mes longs trajets de métro, le tenant serré contre mon coeur dans les couloirs lors des changements de lignes et je l'ai fini cette nuit, je n'arrivais pas à dormir pour de nombreuses raisons, et je me suis finalement assoupie après avoir lu La nuit verte.
L'autre jour, j'étais chez mes parents à St Malo, et le rituel du samedi matin est de lire "Monsieur et Madame Figaro" comme je les surnomme. Il y avait un article dans Monsieur Figaro, sur "l'art du deuxième roman" et surtout sur la difficulté pour l'auteur, sans doute de s'affirmer, se confirmer, de "passer du stade de l'auteur à celui d'écrivain" disait l'article. Je sais bien que tu n'en es pas vraiment à tes débuts, ton oeuvre tu la construis déjà depuis un moment, petit à petit, texte par texte, comme le nid d'un oiseau fait de brindilles (ce qui te vas plutôt bien, car tu me fais penser à un petit oiseau tombé du nid). Bref, l'article n'était pas joyeux, et citait 3-4 auteurs qui avaient su tirer leur épingle du jeu dans la rentrée littéraire pour leur second roman. Tu n'étais pas cité, et je dois avouer que ça m'a quelque peu assombrie.
J'appréhendais de lire ce nouveau livre. Peur d'être déçue sans doute, j'avais tellement aimé l'Amoureux. Je suis heureuse de m'apercevoir que je suis loin de la déception. Dès les premières lignes, je me suis à nouveau plongée dans ton univers si particulier. Il y a dans ton écriture, quelques chose qui me transporte dans une autre époque. J'ose penser que tu as conservé ton regard d'enfant sur le monde, sans l'insouciance peut être. Il suffirait d'un Nuts, d'une tarte aux pommes pour se réfugier quelques instants dans l'enfance. Mais certaines choses sont révolues et on peut en arriver à la substitution. Peut être que Basile a pris ce revolver comme un de ces feutres pour dessiner des soleils noirs.
Quand je parle de l'enfance, tous tes personnages le sont encore par certains côtés, et c'est ce que je trouve le plus touchant comme Basile qui parle au petit nuage, Caroline dans la Nuit Verte qui arrose toutes les plantes, pour ne pas faire de jaloux, ou encore Simon qui envoie des colis vengeurs et farceurs, tel un enfant diabolique déçu par un ami ou une fiancée (Je suis d'ailleurs chiffonnée de voir que la majorité des filles décrites sont inconséquentes, superficielles, frivoles et s'abandonnent très vite, mais bon..) Je suis convaincue que ces moments d'enfance peuvent permettre de reprendre son souffle dans la vie, marquer une pause puis reprendre sa route le coeur un peu plus léger.
Mais, c'est un sentiment étrange de suivre Basile dans ces journées d'errances douloureuses. Il marche, il cherche une porte dérobée pour quitter la scène. Les souffrances de Basile sont parfois difficiles à se figurer, et à la lecture de ce livre, chacun peut y trouver un écho personnel, plus ou moins violent. Les nouvelles situées à la fin m'ont permises de ne pas trop être assombrie par les rayons des soleils noirs.
Les derniers mots sont "malgré tout" et ça me met du baume au coeur.
Marie-Sophie K.
Lettre du 05.10.08 de Christelle N
Très cher Jérôme,
Hier après-midi, j'ai lu Le garçon qui dessinait des soleils noirs... Et, cet après-midi, La nuit verte et La solitude exécutée...
Du premier, j'ai relevé deux passages que j'ai beaucoup appréciés... L'un est celui-ci : "Dans des périodes ou à des époques plus romantiques on se tuait pour. Pour la gloire, pour une femme. Aujourd'hui, on se tue à cause. Les temps sont lâches." L'autre est celui-là : "... Basile pensa à sa grand-mère paternelle [...] qui avait coutume de dire, sur la fin de sa vie, que si on attachait avec une vulgaire ficelle - et elle insistait sur le mot vulgaire - tous les moments difficiles qu'elle avait vécus, peut-être que la ficelle ployant sous ce qu'on y avait attaché donnerait au bout du compte le sourire de Buddha."
Sinon, mon ressenti sur le roman... J'ai trouvé l'atmosphère assez étrange, presque fantomatique, très sombre (ce qui n'a rien d'étonnant, sous un soleil noir !), à la limite des histoires fantastiques d'un Edgar Allan Poe... Je ne sais pas trop si d'autres auront relevé cela, mais c'est ainsi que je l'ai parcouru... Je pense notamment au passage où Basile se retrouve dans la maison de famille... Ce passage-là laisse place à grande imagination, je trouve... Basile est-il toujours avec nous à ce moment ou n'est-il déjà plus ? Odilon vit-il vraiment à l'étranger ou se terre-t-il dans sa chambre ? J'ai trouvé ce passage très mystérieux, presque irréel...
J'ai aimé ce roman mais je dois avouer que je lui préfère L'amoureux en lambeaux... Parce que, dans Le garçon qui dessinait des soleils noirs, vous m'avez quelque peu surprise et désorientée... Je vous ai cherché au début de ce roman, j'ai cherché votre style, votre façon d'écrire... et je ne les ai redécouverts qu'au bout de quelques pages... Bon, après, je vous ai bien retrouvé mais, je ne sais pas, c'était bizarre comme sensation... Heureusement que Simon était là, avec ses gaufres au chocolat qu'il tient tant à offrir à tout le monde et que tout le monde refuse ! Attention, ne vous méprenez pas, j'ai apprécié ma lecture mais je vous ai senti comme égaré, au début, ceci n'étant, bien sûr, que mon interprétation de lecture...
Il faut tout de même que je vous raconte une petite anecdote à propos de votre livre. Lorsque Amazon m'a envoyé un mail m'annonçant qu'il ne me serait pas envoyé tout de suite (chose que je ne comprenais pas puisque le site affichait un stock de deux exemplaires et que, comme je l'avais précommandé, je m'attendais à être servie dans les premières... Mais, vous et moi, nous savons bien que ce que nous estimons être en droit de nous être donné, ne l'est pas toujours...), j'en ai parlé à "l'ombre de mon coeur", mon frère, que je savais devoir se rendre à Paris pour une journée de formation et je lui ai dit que s'il passait devant une librairie et qu'il avait le temps de s'y arrêter, il devait impérativement m'acheter votre livre. Je lui mentionnai donc le titre et, m'inquiétant de savoir s'il l'avait bien noté, le lui redemandai pour m'en assurer. Me connaissant parfaitement et se doutant sûrement de mon inquiétude, et sachant aussi parfaitement comment me faire sourire, il me répondit ceci : "Oui, c'est L'homme qui parlait aux nuages"... Dans un sourire, évidemment, j'avais trouvé sa réponse très jolie et en lisant les dernières lignes du Garçon qui dessinait des soleils noirs, je me suis dit que les mots de mon frère tombaient vraiment bien... En effet, le garçon qui dessinait des soleils noirs pouvait très bien devenir l'homme qui parlait aux nuages, après coup... Et cette idée a soudainement adouci l'ensemble...
Aujourd'hui, j'ai donc lu les deux histoires qui suivaient et là, je dois dire que je vous ai totalement reconnu dans votre écriture... J'ai beaucoup aimé ces deux histoires et elles me donnent très envie de découvrir prochainement votre troisième roman, sans revolver, je l'espère, cette fois-ci, et sans ce voile sur vos yeux qui en gâchent, je l'imagine sans peine, la couleur...
Rassurez-vous, je serai là à sa sortie et à la sortie des suivants et peu m'importe que vous soyez dans toutes les librairies ou non, l'important est que vous soyez toujours là pour celles et ceux qui vous aiment, vous et votre écriture, et qu'au-delà du temps vos mots continuent de se graver dans les souvenirs, pour toujours...
Christelle N.
Lettre du 27.09.08 de Véronique D.
Objet : le garçon qui dessinait des soleils noirs
en déplacement à Niort pour le travail durant deux jours, j'ai flâné, hier soir, dans le vieux Niort et me suis laissée séduire par une belle librairie toute neuve au coin d'une rue pavée... y suis rentrée avec le désir d'y trouver ton roman (que je n'ai pas trouvé à la Fnac des Halles il y a quelque temps)... eh bien, tu vois, heureux méandres du hasard que j'aime et ses surprises qui n'ont de cesse de m'enchanter... il y avait un exemplaire unique, au coin d'un étalage !
Bien sûr je l'ai pris... en ai commencé la lecture dans un restaurant, plus tard, poursuivie avec hâte dans la chambre d'hôtel et achevée avec autant d'enthousiasme dans le train tout à l'heure... (...)
te dire que c'est beau, très beau, que c'est généreusement humain, poétique, profond, tendre et délicat car jamais cynique (tellement facile, le cynisme, surtout par les temps qui courent!)
que quelques larmes ont coulé dans l'ombre d'un sourire, que des images personnelles ont vibré et résonné à tes images, tout un tissu vivant de sensations, d'émotions, de sentiments a respiré au rythme de ton écriture simple, vibrante, pleine, sensible, .... et certaines phrases qui disent vrai, tellement vrai, je pourrais t'en citer pas mal, d'ailleurs, de belles trouvailles de vrai, de "métaphysique"... il y a de la bonté, là dedans, une réelle bonté charnelle et spirituelle, une réelle humanité qui me touche profondément et fait du bien, beaucoup de bien, dans son approche en petites touches justes, ... j'imaginais le narrateur observer son monde sur la pointe des pieds pour ne pas "déranger", pour apprivoiser ses semblables, les écouter "à bonne hauteur" afin de restituer leurs mots et leurs gestes dans le souci de ne pas déformer, de ne pas dénaturer, de comprendre...
j'ai beaucoup aimé les nouvelles, aussi, tout ces réseaux de sensations, de perceptions adolescentes si justes qui évoquent tant de choses, tant de souvenirs, ces parfums aigre-doux d'enfance (...)
Véronique D.
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