Bonjour Jérôme,
Toutes mes félicitations, et tous mes remerciements pour votre nouveau Roman.
On y retrouve tous les thèmes Attaliens qui vivent dans l’actualité de votre Journal : les rencontres rarement à la hauteur, le monde de l’incompréhension qui prédomine, le refuge des relations amoureuses, l’acte artistique qui peine en résonances, « l’imagination trop con » et l’impossibilité d’inscrire sa volonté comme un acte décisif.
De très belles choses donc, comme cette définition de l’artiste avec Nicolas de Staël qui cherche inexorablement à trouver des solutions pour, comme vous, « fixer quelque chose ». Ou ce passage qui exprime me semble-t-il ce que vous dites parfois, qu’il n’y a plus de cathédrale à construire : « Les buts ont été atteints sans joie, le désintéressement n’est plus de saison, et l’amertume des temps a uni de ses mains blanches la cause et le désarroi. » Situation qui laisse place aux fanatismes : le votre sera fanatisme amoureux.
Basile aussi, qui prend des postures Dostoïevskienne, lorsqu’il ne ralentit pas sa marche dans les rues, par delà les urgences, en se tenant fermement à l‘idée d’Anika.
Je pense que Basile pourra devenir un de ces grands héros de roman auxquels on pense, qu’il va se construire petit à petit pour vous et en vous. Il va renaître dans la vie éternelle de l’écrit, poursuivre avec l’écho de votre vie son aventure. Il va peut être vous voler toute votre moelle héroïque, et il va falloir que vous consentiez à vivre dans la vraie vie avec ce qu’il vous laissera. N'en soyez pas désarmé.
Je vous souhaite encore et toujours bon courage,
David B.